VANDANA SHIVA : LA CRISE ALIMENTAIRE.

Le Neem : un brevet privant les agriculteurs indiens d’une utilisation multi millénaire

Il y a 3 ans a pris fin l’une des grandes batailles contre l’appropriation d’une ressource naturelle par une multinationale américaine avec l’obtention de l’annulation par la cour d’appel de l’Office Européen des brevets de celui que voulait s’arroger la société WR Grace & Co. sur le Neem, arbre utilisé en Inde depuis des millénaires comme plante médicinale.

Le Neem est en Inde une panacée connue depuis des millénaires, c’est-à-dire depuis la fin du Néolithique, période qui marque les débuts de l’élevage et de la culture agricole. On utilise sa tige comme brosse à dents, ses feuilles comme remède contre les maladies de peau, malaria, pour traiter les parasites et comme moyen de contraception pour les femmes. Car le Neem inhibe les fonctions de reproduction : pour cette raison, comme du fait qu’il est doté de propriétés antibiotiques, il est un insecticide efficace. D’autant plus apprécié des indiens qu’il est 100% pacifique : il ne tue pas, mais provoque une sorte d’engourdissement des insectes et des parasites qui ne peuvent plus se reproduire assez vite pour s’attaquer aux récoltes.

Le droit d’exclusivité associé au brevet de la firme américaine interdisait à quiconque de produire, de commercialiser ou d’utiliser le produit breveté. Ce qui signifiait pour les Indiens la fin de leur droit à utiliser un arbre qui pousse sur leur sol à des fins agricoles, et d’utiliser, à la place, des pesticides pour lesquels l’Inde a d’ores et déjà payé un lourd tribut. Souvenons-nous de l’explosion de l’usine de Bhopal en 1984 qui causa des centaines de milliers de morts, ainsi que l’augmentation des suicides en raison de l’endettement des paysans pour l’achat des produits chimiques pour produire leurs récoltes.

Neem, azadarichta indica, un arbre aux ressources écologiques multiples

Le Neem, utilisé depuis des millénaires pour les gestes du quotidien, comme pour l’agriculture

«Nous savons tous comment produire de la nourriture sans employer de substances toxiques», déclare Vananda Shiva

«Mais comment a-t-on pu en arriver à cette situation où un monopole exclusif a été accordé au sujet d’un savoir qui n’a pas été inventé, et qui constituait un savoir faire traditionnel du Sud ?» poursuit-elle.

Le riz basmati breveté aux États-Unis

La même association a réussi à faire annuler un brevet d’une firme américaine affirmant avoir inventé le riz basmati originaire et toujours cultivé dans la vallée de l’Indus. Selon Vananda «La clef de cette histoire est la modification génétique de la semence : au moment où Monsanto s’employait à voler notre plus vieille semence de riz, notre merveilleux basmati, était lancée une rumeur selon laquelle il n’y avait plus de nourriture chez nous parce que la diversité était insuffisante. Or nous possédions en Inde 200 000 sortes de riz. Jusqu’à la révolution verte.»

Initiée sous Indira Gandhi, la révolution verte a, selon elle, a troqué le visage d’une agriculture diversifiée contre une agriculture intensive à grands renforts de produits chimiques.

Afin de lutter contre ce phénomène, un mouvement d’approvisionnement en semences biologiques s’est créé. Celui-ci repose sur un serment : celui de ne jamais considérer que la diversité des espèces vivantes est la propriété d’une société humaine.

Ce «serment des semences» rappelle la marche du sel, symbole de la lutte pour l’Indépendance menée par Gandhi face aux Britanniques. Ceux-ci avaient en effet instauré un système selon lequel les Indiens, qui produisaient le sel sur les régions côtières, devaient le racheter aux anglais. 

Le Mahatma avait alors déclaré : « La nature nous a offert le sel. Nous en avons besoin. Nous continuerons de récolter notre sel. Vous pouvez faire de nous ce que vous voulez, nous transgresserons ouvertement vos lois.»

Notre devoir est de désobéir aux lois scélérates !

Le riz basmati se porte apparemment pour le mieux, puisque la récolte 2008 est l’une des plus fortes enregistrées depuis plusieurs décennies. L’Inde n’est cependant pas sortie de la crise alimentaire, mais une chose est sûre, elle possède des ressources que bien des grandes puissances lui envient.

Par jyoti le Nov 20, 2008 | Dans NewsPortraitEnvironnement

En Inde, le blé pourrit à l’air libre 

pendant que des gens ont faim

Les multinationales laissent pourrir des tonnes de riz pendant que beaucoup meurent de faim afin de faire monter les prix. Et bien sur la presse occidentale dit que le pays est incapable de gérer ses stocks. Comme les incendies des usines chimiques en Chine seraient dues au manque de normes de sécurités en Inde ! J’ai vécu en Inde et remettre ces choses en place me tient à cœur.

 Les femmes du Kerala contre Coca-Cola.

Expulsé en 1977 par le gouvernement, Coca-Cola a repris pied en Inde le 23 octobre 1993, au moment même où Pepsi-Cola s’y implantait. Les deux entreprises possèdent 90 « usines d’embouteillage » qui sont en réalité… des « usines de pompage » : 52 unités appartiennent à Coca-Cola et 38 à Pepsi-Cola. Chacune extrait entre 1 million et 1,5 million de litres d’eau par jour.

En raison de leurs procédés de fabrication, ces boissons gazeuses présentent des risques. D’abord, parce que le pompage des nappes pratiqué par leurs usines dépouille les pauvres du droit à se fournir en eau potable. Ensuite, parce que ces usines rejettent des déchets toxiques qui menacent l’environnement et la santé. Enfin, parce que les sodas sont des boissons dangereuses – le Parlement indien a mis sur pied une commission mixte chargée d’enquêter sur la présence de résidus de pesticides.

Pendant plus d’un an, des femmes des tribus de Plachimada, dans le district de Palaghat, au Kerala, ont organisé des sit-in pour protester contre l’assèchement des nappes phréatiques par Coca-Cola. «Les habitants, écrit Virender Kumar, journaliste au quotidien Mathrubhumi, portent sur la tête de lourdes charges d’eau potable qu’ils doivent aller chercher loin, pendant que des camions de boissons gazeuses sortent de l’usine Coca .» 

Il faut 9 litres d’eau potable pour faire 1 litre de Coca qui est un poison.

Les femmes adivasies de Plachimada ont entamé leur mouvement peu après l’ouverture de l’usine Coca-Cola, dont la production devait atteindre, en mars 2000, 1.224.000 bouteilles de Coca-Cola, Fanta, Sprite, Limca, Thums Up, Kinley Soda et Maaza. Le panchayat local lui avait accordé sous conditions l’autorisation de puiser l’eau à l’aide de pompes motorisées. Mais la multinationale s’est mise à puiser, en toute illégalité, des millions de litres d’eau pure dans plus de six puits forés par ses soins et équipés de pompes électriques ultrapuissantes. Le niveau des nappes a terriblement baissé, passant de 45 mètres à 150 mètres de profondeur.

par Vandana Shiva, mars 2005

Les pubs sont peintes sur la totalités de pans de maisons

Il nous faut faire interdire la publicité et ne consommer que des produits naturels le plus tôt possible. Hier à la fête de l’humanité, j’ai encore assisté à un défilé de zombis. Varoufakis a appelé à la révolution en France, mais les multinationales se sont chargées d’empoisonner nos troupes. Alors, il va falloir compter sur ceux qui sont passé à travers les mailles du filet !

chtiglobe

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